mardi 6 novembre 2012

une page face de bouc pour une expé:

Une page coté en bourse vient de s'ouvrir pour assurer la com de notre expédition antarticque, une première en apnée sur le continent blanc. Il va y avoir un sain mouvement d'énervement au travers de cette page, qu'on se le dise.
http://www.facebook.com/ame.bleue.1

vendredi 12 octobre 2012

Des amis cétologues ou l'intelligence naturaliste lutte avec ce qu'elle a!

La cétologie est une science extraordinaire: l'étude des cétacés...a voir comme ça une spécialité biologiste comme une autre, mais à y regarder de plus prêt un vrai art de vivre! Et pour ceux qui vont sur les mers, un passe temps qui prend vite rang de passion, rien de mieux pour agrémenter une longue croisière que de compter et essayer d'identifier les bestioles que l'on croise.
Sous l'égide d'Alexandre Gannier, c'est ce que nous avons fait sur la croisière Tahiti- Cap-Horn: résultat une grosse base de données sur le dauphin austral dont à hériter l'université de Punta Arenas au Chili.
Nous avions déjà collaboré sur Tahiti ou le bonhomme étudiait les Mégaptères, baleine à bosse, les chanteuses folles du Pacifique. Un vrai régal!
Ensuite nous avons fait un comptage au Cap-Horn et dans les glaciers de terre de feu.
Aujourd'hui et de tout temps le GREC, leur association, étudie les cétacés en Méditerranée, leur site est excellent et reflète bien la stupidité dans laquelle nous baignons tous, les œillères que nous nous sommes mis sur le casque, pour sauver un confort qui ne nous évite ni le mal vivre, ni notre questionnement sur notre rôle ici bas. Et si vivre ici bas, c'était juste de rendre une planète dans un état correct pour servir un but que nous ne connaissons pas et entre temps d'y prendre le plus de plaisir possible?
Plaisir n'étant en aucun cas synonyme de posséder, de frimer, d'être puissant.
Plaisir rimant bien plus avec jouir, aimer, donner, prendre, voir, cultiver, naviguer, rêver, écrire! Voire partager, ultime stade de l'évolution du bipède!
Le tout bien sur avec l'ultime conscience de son impact ici bas!
aprês tout lez thème de la page que je vous propose n'est t elle pas:
I had a dream!

http://www.cetaces.org/201210/jai-fait-un-reve/ 

lundi 8 octobre 2012

un paradis à baleine

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Il y a des jours, ou soleil, animaux et humains donnent l'impression de vivre en harmonie: pourquoi sont ils si rares dans une vie d'homme?
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du même auteur, avec le plus grand de tous à la barre!

comment on se gare en antarctique!

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vidéo d'un camarade d'expédition Monsieur François, bon marin et voileux rigoureux!
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une vidéo réalisé par François, un compagnon d'expédition plein de talent cinématographique!

un film, important et vital pour comprendre ce qui se passe.

Depuis des années je suis obsédé par une chose: c'est de voir que les gens civilisés, entendre ceux qui sont enfermés dans le monde moderne, les villes, les campagnes pesticidée, les montagnes pasteurisées, pensent que le monde sauvage est encore un sanctuaire. Alors que moi qui parcours le monde sauvage depuis deux décennies, est presque content de revenir dans l'aire civilisé de ce monde, pour voir un peu de propreté et d'animaux certes à demi domestiqués, ou en prison, mais au moins vivant et en bonne santé.
A quelques exceptions prêt ( qui ne sont désormais plus que les parcs nationaux et zones plus ou moins protégés et encore) le monde sauvage est à l'agonie et une immense poubelle ou comme les humains n'y vivent pas, on laisse la merde et les déchets portés par les océans, les fleuves et les vents s'accumuler.
Ce film en est la preuve et la démonstration formelle et il est beau en plus, les animaux sauvages savent mourir eux au moins:

http://www.midwayfilm.com/

faîtes le circuler, et vengeons les!

mardi 21 août 2012

Extrait des sentiers du vent

 Le personnage de l'avocate donnera peut-être envie de lire le livre:




Il est absolument étonnant comme la vie peut être mutine. On peut passer des années dans le doute et l’irréel de ses aspirations profondes, surtout lorsqu’elles sont contraires aux vérités morales de ce monde ; être malmenée par son cœur qui jamais n’arrive à se décider sur les bons chemins qu’il doit nous faire parcourir bon an mal an, avoir l’impression à vingt cinq ans d’avoir perdu tout son temps et son bon sens sur les voies rebattues de la conformité, de se voir vieille, aigrie, sans encore un poil blanc sur le corps : on se dessèche ; on rêve alors d’être sauvée, révélée, réveillée à l’amour et à cette vie fabuleuse dont nous disposons, comme ça, par le hasard des rencontres, par l’unique chance de vivre ici bas. Et on souhaite tant que tout cela ne soit pas vain : que vivre ait un sens.

Je m’appelle Claude, Claude Mancetti et je suis avocate. Depuis peu en fait. Je suis née dans ce que l’on peut appeler un quartier doré. Mon éducation est une réussite ; aucun traumatisme dû à l’alcoolisme ou la violence de mes parents, une alimentation irréprochable, des stimuli intellectuels toujours parfaitement en adéquation avec la psycho pédiatrie á la mode. Un modèle du genre. Je suis l’archétype de l’élite scolaire et bourgeoise française. J’ai été amoureuse d’un père rigide au bon âge, fait ma crise contre ma mère, peu de temps après mes premières règles, je suis presque parfaite.

De brillantes études secondaires, réalisées dans de grands lycées privés, m’ont ouvert la voie des grandes écoles. Finalement, la plus grande de science économique et sociale à Paris fut le réceptacle de mes efforts.
C’est une école formidable. Comme dans tous les lieux de ce genre, le plus dur est derrière vous. Vous avez Franchi brillamment toutes les barrières imaginées par vos aînés pour vous éprouver, résisté à l’horreur des prépas, où l’on met votre intellect dans un camp concentrationnaire, pour définitivement le priver de son autonomie ; vous avez accepté les formatages les plus astreignants, bref, on vous a ouvert l’esprit : vous voilà acceptée par l’élite dont vous êtes génétiquement issue, la boucle est bouclée.
Il ne vous reste plus qu’à vous reproduire….. C’est en partie là que le bat blesse, ce genre de jeunesse de merde, à mon sens, est parfaitement castratrice.

Car dans la perfection, le problème est l’ennui. Et mon esprit s’est ennuyé à mourir. Oh pas les dernières années à l’école ! Ces lieux ne sont que des immenses lupanars bisexuels pour fils et filles à papa,-  il faut bien laisser une plage de détente aux bagnards entre les études forcenées dont ils sortent, et leur destin de haut cadre ou fonctionnaire dans lequel ils seront pressurés jusqu’à la pulpe, -  mais l’ennui a envahi toute mon enfance, où j’ai revêtu l’image de l’enfant totale et équilibrée. J’ai passé tout ce temps, dans ces écoles de cathos pleines de bien pensants, à vivre mentalement comme un terroriste, à les imaginer exploser tous de mille manières perverses.

Ayant excellemment reçu mon diplôme de science sociale, je me suis présentée au concours d’avocat. C’est une belle carrière que celle d’avocat, le bavard, l’ultime défenseur de celui qui risque sa liberté sur le banc des prétoires.
Ma famille, mes amis, ont applaudi ; certes, ils ont bien trouvé étrange que je ne me spécialise pas dans une activité purement commerciale, qui  m’aurait permis, par le biais de l’international, de mettre en pratique toutes les relations auxquelles mes origines familiales doivent me faire prétendre. Mais l’on peut bien, à un brave mouton qui a trimé durant les vingt cinq premières années de sa vie pour rentrer totalement dans le moule, accorder quelques soubresauts d’indépendance intellectuelle, au moment où il sort de sa prison dorée, pour revêtir le harnais productiviste auquel il a été si soigneusement préparé. 

J’ai gagné mon titre professionnel depuis quelques mois. Avec mes petites copines, toutes des poulettes de luxe avec qui je joue à la poupée depuis que je fais partie de l’élite, nous avons fêté ça dans des orgies de luxure. On a énormément rigolé. Rigoler, c’est tout ce qui nous reste pour oublier que les rails sur lesquels on nous a installés ne sont pas démontables, et ne changent jamais de destin. On compte sur nous.

Je me suis toujours demandé quel effet cela devait faire de n’avoir rien de tout cela ; ni parents attentifs et exigeants, qui vous mettent leur amour en pression pour vous voir, - réussir, - mot cent fois sacré de la bourgeoisie contente d’elle ; ni la conscience d’appartenir à une caste, et donc, dans une certaine mesure, de disposer de la liberté dans ce qu’elle a de plus magique : l’ignorance de la finalité de vivre.
C’est en partie pour cela que j’ai choisi ce métier. Il me parait indéniable, que même si la majorité des gens qui ont des ennuis avec la justice sont des membres à part entière de la société, il en est parmi eux, qui disposant de la formidable liberté d’action que procure l’ignorance du monde qui les contrôle, foncent dedans et l’affrontent.
J’ai toujours senti confusément que si j’arrivais à défendre un individu de ce genre, même un seul, je résoudrais beaucoup de choses en moi ; pourrais-je alors me réaliser ? Me libérer ? Et éprouver mes sentiments sans contrainte, sans culpabilité? Je ne sais en fait.
J’aime à imaginer, que je pourrais alors comprendre ce que veut dire le mot abandon, dans ce qu’il a d’immense. Je voudrais voir si une femme, ou homme, ainsi  créé à partir de rien, lâché dès la naissance par tout et tous, et qui aurait eu la force de caractère pour s’inventer une vie hors du commun,  pourrait me guider vers les portes de ce pays inconnu nommé liberté, et qui toujours m’a opposé à ses délices, des barrières fermement assujetties.  

Je ne fais pas partie de ces femmes qui adorent la masculinité au point de s’en rendre servile. Loin s’en faut. Je crois aimer, et dans tous les cas, je prends un immense plaisir charnel, avec un bel hermaphrodite aux cheveux courts, aux petits seins fermes et tout timides, perchées qu’ils sont en dessus de pectoraux de garçon ; et juste en dessous, humiliées par des abdominaux, dont je peux compter les carrés de chocolat en les dégustant, un à un, dans la splendeur de leur fermeté.
Je n’ai jamais bien compris comment les femmes ont à ce point pu être dominées, durant autant de siècles, et dans autant d’endroits en ce monde, par de barbares crétins dont les dispositions intellectuelles majeures étaient leurs queues et leurs armes.
 Comment se peut-il que deux caractéristiques humaines aussi minables aient pu dominer le monde autant de temps et perdurer toujours ?
            Comment imaginer que des êtres qui en général ne savent utiliser correctement qu’une seule de ces deux compétences, aient accédé au statut de dominant supérieur, détruit pratiquement le monde sauvage, asservi par le machisme et sa servante, la religion, les femmes, les animaux, et pour finir la planète entière ?
Tout cela dans un unique et vain besoin de conquête et de domination ?
Bref, je n’aime pas les hommes ou du moins pas ceux qui incarnent la masculinité arrogante. Leur morgue imbécile et injustifiée, leur agressivité récurrente même quand ils croient faire l’amour me dégoutte. Leur médiocrité viscérale, doublée de leur certitude d’être tout pour leur femme, trop contente de pouvoir remplir ses trous de leur présence, me désespère.
La femme asservie ou non à la maternité, n’a qu’un moteur, le désir sincère, et un but, l’harmonie ; ces deux choses, elle les trouvera bien plus sûrement chez l’une de ces semblables, que chez les males obsédés du cul sensés leur apporter le bonheur.
Quant au fameux plaisir de la pénétration, les mains d’une maîtresse expérimentée, ne seront qu’exceptionnellement concurrencées par des attributs masculins souvent sous dimensionnés, quoiqu’en pense leurs orgueilleux propriétaires, et plus fréquemment encore, mal utilisés…
Pourtant, c’est bien dans l’intimité d’un homme que mon travail allait me mener à pénétrer…. J’avais bien tenté de me spécialiser dans la détention féminine, mais l’on ne devient pas avocat des femmes, comme l’on devient avocat des affaires. Le sexisme dans notre société est à sens unique.

les sentiers du vent

les sentiers du vent ne sont plus distribués par l'éditeur qui a fermé boutique.
Toutefois je me ferrais un plaisir d'envoyer soit le texte, soit un exemplaire du livre à ceux que ça intéressent.
amitiés à tous

jeudi 7 juin 2012

Antarticque philosophique et autres considération de nomade





 Les photos sont de Sarra Dickinson



 Antarctique, voyage, champignons et philosophie,

Le plus beau, le plus envoutant, l’angoissant d’un long voyage est son commencement. Et comment ne pas voir en un départ réussit, l’égide de dieux favorables, le présage bienheureux de la réalisation des rêves du voyageur. Toujours, pour un bateau, autant pour un avion ou une caravane, le problème est de survivre, de passer, d’y arriver, de simplement survivre en réalisant un bon départ, idée qui dés la première molécule ancestrale a présidé à l’expansion surréaliste et rocambolesque du vivant.
En nulle autre source que celle de conjurer les mauvais esprits, la malchance maudite, le danger et le doute, ne doit se chercher l’explication de la maniaquerie abusive d’un capitaine, de la psychorigidité des voyageurs en général, des montagnards, lorsqu’ils préparent leurs sacs et paquetages comme si leur vie en dépendait. Un départ important, des adieux émouvants, une transatlantique, un désert traversé, sont surement les rares évènements dans la vie d’un humain moderne qui lui permette d’échapper à sa condition de sous produit industrialisé dédié à l’enrichissement des chefs de la société des hommes ; à l’harmonisation économique planifiée qui décide qui ferra quoi, ou, comment, et dans quelles structures familiales, sociales, urbaines : l’homme doit vivre pour assurer le bien être de la société. La liberté n’existe pas, seule la contrainte est modulable, de la dictature à la démocratie relative, l’homme a le choix de sa prison.
 Un départ, c’est une chose  gratuite, spirituellement et affectivement, on part pour découvrir autre chose, un acte anticapitaliste, un investissement de temps et de moyens à but inutile, sans retour sur investissement, sans amortissement immédiat, quelque chose que l’on fait pour soi ou sa famille à la recherche d’un on ne sait quoi de différent, de nouveau. Si les compagnies d’avions et de voyages ne s’engraissaient pas avec ça, ce nomadisme indécent serait interdit pour immoral et antidémocratique, tout simplement. Un départ, c est un crachat à la face de la vie sédentaire, castratrice et possessive, un chant d’amour à l’aventure et à l’immensité du monde, un désir de jouissance jeune et libre : la vie. Un départ c’est tout ça et plus encore. Presque un mode de vie.

Des le port, l’aéroport, la gare, la mort du voyage guette, un sac oublié, des papiers disparus, de l’argent volé, et le rêve éveillé s’envole, l’homme transcendé vivant, est retransformé en reptile rampant de la société humaine. La malchance a frappé, l’heure et la vitesse de libération n’était pas au rendez vous, le mouton retourne dans son parc avec le troupeau. Si les amarres sont lâchées, si l’avion décolle, si le bus démarre, on est sauvé de l’échec. Si court sera-t-il, le voyage aura eut lieu, l’honneur, la face, le rêve sont sauvés : on est parti. La peur a été vaincue, on peut finir noyé dans l’Atlantique sud attaché à son siège d’airbus ou dans son ciré, on restera aimable avec son voisin et son compagnon d’aventure, on est parti. Alors qu’on aurait tué une heure avant, pour gagner une place, et entrer dans la bétaillère s’assoir.
Ainsi la quête effrénée des drogués du voyage commence, enfin un univers qui bouge, qui change, qui n’a de statique que le peu que l’on transporte avec soi. Echappatoire touristique pour certains, mode de vie nomades pour les autres, ils sont la rédemption du génocide des peuples migrateurs, les résurgences de peuples de tribus dédiés au voyage, au commerce, à la nouveauté et à la découverte d’antan, aujourd’hui peuples mis à mal, décimés, incarcérés dans l’idéologie du dieu dollar. Les mohicans, les uns derrière les autres fuient un par un vers le pays de leur rêve, pour un temps ou pour toujours à la recherche de leur destin.
 Pourtant la liberté n’existe plus ici bas, et chaque pèlerin est à la merci des contrôleurs de tous les poils et de toutes les formes que la perversité des pays invente pour occuper ses bons à rien, ses immobiles. Ainsi sache bel oiseau qu’un quelconque douanier, un flic de l’air et des frontières, si bêtes et si obtus soit-il, déteint le pouvoir de t’arrêter, de te taxer, et de te coller des culpabilités jusqu’alors ignoré de toi et des dieux. Car libre tu n’es pas voyageur ! Ton rêve de voyage, de grand espace, d’immensité, on la te la taxer, te le voler, te le détourner, par la taxe, le permis, l’autorisation mille fois refusé, la contrainte de déplacement pour qui te prend donc tu voyageur ? Et si tout le monde se mettait donc à faire comme toi, à partir ainsi, à découvrir les autres, mais que deviendrais nos frontières, nos lois, nos règles ?
Salauds ! Bon à rien assermentés ! Combien d’heures et de nuits nous avez-vous donc volés à nous examiner, à nous tourmenter de questions et de règlements, à essayer de voler nos bateaux, nos ailes, nos vies, hein ? Combien ? Réjouissez vous maigres charognards, souriez ! Vous rirez moins de nuit, dans les ruelles obscures des bouges portuaires qui sont nos antres, lorsque l’ivresse meurtrière des alcools frelatés aura changé les brebis en lions, tremble alors sous ton képi minable, agrippe ton flingue dérisoire, mais surtout court, cache toi avant que ne t’étrangle nos grosses mains de marins revanchards. Crève suppôt du rien assermenté nous on part en mer !
Vers et pour l’Antarctique ! Paradis ultime du monde sauvage, des glaces éternelles empilés jusqu’au ciel par des artistes dieux.
La vitesse de libération vient avec le Drake ! Le Drake ultime spiritualité païenne, dernier djin à exercer un pouvoir effectif sur terre, dernier élémental à résister aux hommes. Nous avons fuis et pour quelques jours et semaines loin des contraintes humaines, dans un pays sauvage au contour flou de glace et de tempêtes, et l’on va y être bien, sans douaniers, ni poulets, juste la folie du monde, de ce monde merveilleux qui sur une distance de 500 milles nautiques vous fait changer de climat, de planète. Marins, gitans méprisés par la loi à terre, nous voila seigneur, prêtres du culte du grand large, du plus majestueux grand large celui du sud. Le Drake garde un monde protégé et ses portes sont redoutés de tous : au nord le Cap-Horn, celui avec qui l’on ne triche jamais qui nous adoube à chaque passage qui nous tuera un jour peut-être. Au sud, les Shetlands un amour d’archipel de glace et de pierres sur le haut fond duquel vient mourir en gerbes d’apocalypse les houles du grand sud. Un immense repaire d’animaux libres et sauvages pour un temps à l’abri de la connerie humaine.
Alors va y marin arrête de causer et mène nous y là-bas : l’autre monde encore libre et fier et ne te plante pas car nos vies sont entre tes mains. Le temps n’est plus à la parlote, mais à la clairvoyance, à l’action, à l’assurance. Méprise ton corps marin, son mal de mer et ses plaintes. Insulte tes douleurs et monte au charbon, appelle la folie, convoque les démons de l’inutile et du rien, mais vainc ! Gagne ! Change de monde ! Coûte que coûte ! Ecoute la mer et ses délires, scrute là et voit ! Le growler pervers, la vague scélérate, le récif oublié. Souffre dans le Drake marin, froid ? Pas même droit, souffle sur tes doigts gelés et continue sans t’arrêter. Voit pauvre type la lame submergée ton travail de fourmis sur sa brindille, affale donc cette voilure rétive avant qu’elle ne rompe et ne te trompe, rigole avec ton ami de la mort et du vent, mais prend toi y à l’avance et souvient toi marin, tu appartiens au bateau. Le bateau ! A qui tu te dédies marin, le canot, et pas autre chose. Le canot au large est tout plus le reste. Mais plus que tout profite !! Amuse-toi ! Tu es libre et guerrier, chante la guerre dans la bataille de la grande houle, profite tant que la force est là, qui partira bientôt, trop tôt, elle est si éphémère.
Tu as ta vitesse de libération petit tu l’as ! A toi désormais la beauté éternelle, l’émotion des glaciers millénaires, leur beauté éternelle, a toi, les baleines joueuses, les phoques lymphatiques, l’orque inquiétant et le skua cruel. Plus rien ne t’arrêteras, tu plongeras chercher l’amour de la femelle léopard dans ces eaux cruelles et tu la trouveras. Le préféré de son harem tu deviendras et ses crocs sur ton cou, son sexe frémissant, ses désirs de tueuses, te donneront une extase chaste qu’aucunes humaines ne te donnera jamais.
Le froid sera ton armure, et protégé par lui, tu trouveras la baleine endormit, enlacé tendrement à son bébé géant. Et elle te sourira, jouera de ton chétif esquif avant de s’en aller loin de tes yeux ébahis. Alors la nuit, ivre de force et de puissance, pieds et torses nus dans le gel de la neige, tu pleureras de joie sous la nuit éternelle.
Puis ce sera le retour, une autre lutte, plus dure encore pour retourner, contre le vent, contre la mer avec en prime au bout l’embuscade Cap-Horn qu’il faudra bien négocier, lui l’invincible gardien du monde des glaces. Mille après mille, heure après heure, et jusqu’à la dernière, ta vigilance sera le guide du retour des enfers. Et après la victoire, tu connaitras la défaite, ta magie happée comme par une goule, par une ville, par le bruit, par la conformité, ta puissance tarit devant un bureau de douane, ta fatigue éveillé par la médiocrité de vivre. Rien n’aura changé, la bête immonde dans son ventre mou de violence et de lâcheté se repaitra du monde, chaque jour un peu plus, et toi impuissant et con tu rejoindras le troupeau, ne sachant ou aller, grégaire et instinctif comme tout un chacun.
C’est comme ça qu’allah est grand.

Gilles






mardi 3 janvier 2012

dimanche 1 janvier 2012

Voyage vers le continent blanc

Voila que les temps de repartir au large arrivent. Après un long passage à terre, le plus long depuis des années, voilà que la vie de marin va reprendre ses droits. Au programme, une nouvelle croisière dans la péninsule antarticque sur le valeureux Kotick et son capitaine de légende Alain Caradec le grand. Mon coeur se réjouit de retrouver en lui mille ans de tradition maritime, celle des Bretons. On va y amener des plongeurs caméraman je crois, un film, au moins c'est pacifique et les phoques léopards vont encore une fois nous y faire la démonstration de ce qui est la vie libre et sauvage, la seule pour laquelle en fait nous sommes faits, et que nous fuyons pourtant sans cesse. Primaire bipède que nous sommes.

La bise et bientôt des récits de hautes et belles navigations.